D’où vient votre passion pour la voile ?
À l’âge de 4 ans, mes parents m’embarquaient sur leur Bélouga en bois. À 8 ans, j’ai commencé à naviguer en optimist, puis en planche à voile en régate. J’ai passé cinq saisons en classe 8.
À la naissance de mes enfants, nous avons fait des croisières en Bretagne, en Méditerranée, puis un tour du monde en famille. La mer a toujours fait partie de notre vie, créant une connexion permanente.
Quelles leçons la voile vous a-t-elle apportées ?
J’aime autant le grand large que la croisière côtière. Naviguer sur un bateau que l’on a choisi et que l’on aime procure une émotion unique.
Se retrouver au mouillage après une traversée mouvementée est un moment absolument délicieux, une ambiance que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.Après dix jours de mer, lorsque l’on fait corps avec son navire, que l’on reconnaît chaque bruit et que la vie s’organise en toute sérénité, toutes ces expériences nous apprennent à rester humbles dans la vie quotidienne. On perd toute connexion avec les préoccupations terrestres, qui, à mon goût, sont devenues aujourd’hui totalement inintéressantes.
Qu’est-ce qui vous a attiré vers la navigation en solitaire ?
Tout au long de ma vie, j’ai navigué, parfois en solitaire. Puis, l’envie de confronter mon trimaran Dick Newick “Sterec Aile Bleue” lors de la Route du Rhum 2018 m’a fait découvrir le plaisir d’aller plus loin en solitaire.
Qu’est-ce qui vous a motivé à vous inscrire à cet événement ?
J’ai envie de réaliser un tour du monde en solitaire à bord de ce monocoque construit en bois époxy, dans lequel je me sens si bien. J’aime les défis et la confrontation.
Je ne cherche pas forcément à avoir un bateau récent de dernière génération ultra-performant, mais je suis heureux de démontrer aux futurs navigateurs, jeunes ou moins jeunes, que l’on peut naviguer très proprement avec un budget raisonnable en réutilisant des bateaux d’occasion et leur matériel.
Comment prévoyez-vous de vous préparer pour cet événement ?
J’ai acheté “Sterec Bleu”, un Tocade 50, en 2020 pour repartir avec ma femme Carole autour du globe. Il m’a déjà permis de bien naviguer et de mieux le découvrir.
En janvier 2025, je suis parti avec un ami de Roscoff aux Bahamas pour tester le bateau en configuration course. Il est très équilibré et ne demande qu’à faire des milles. Il me procure énormément de plaisir.
Je reviendrai en solo début mai 2025 en Bretagne et en profiterai pour réaliser ma qualification pour le Global Solo Challenge.
Quel sera selon vous le plus grand défi ?
Comme toujours, tout est une question de préparation, puis de milles parcourus ensemble. Il faudra bien gérer son matériel pour rester performant et découvrir les mers du Sud.
Souhaitez-vous associer ce défi personnel à un message social ?
Oui, tout à fait, pour une cause environnementale. Il est encore temps de sensibiliser un plus grand nombre à la disparition de notre biodiversité. Étant sylviculteur et suivant mon fils Hugo, gérant d’un domaine agricole conduit en agriculture régénérative, je souhaite collecter des fonds à chaque mille parcouru pour reboiser chez les agriculteurs qui le souhaitent, afin de participer au rééquilibrage de nos écosystèmes.
Y a-t-il autre chose que vous aimeriez dire ?
Cette course autour du monde va nous permettre de rencontrer des marins partageant la même éthique, avec des expériences très variées, dans un cadre budgétaire raisonnable. Ce moment avant le départ sera extraordinaire.
Je tiens aussi à saluer Marco Nannini et toute son équipe, sans qui cette aventure au format vertueux ne serait pas possible. Quelle excellente idée que ce départ décalé !
Expérience en navigation
- Premier bateau : optimist de 8 à 14 ans.
- Planche à voile, puis open et funboard ; participation à de nombreux championnats entre 15 et 22 ans.
- Catamaran KL 28 (Tip Top), trophée des multicoques, Spi Ouest-France.
- Classe 8 (Lotrie), entraînement hivernal à Lorient, Spi Ouest-France, championnat de France.
- Feeling 10,90 (Tioman), croisières en famille.
- Centurion 38 (Sterec), première croisière au long cours en famille.
- Étincelle 60 catamaran (Sterec Cat), construit au Brésil pour un tour du monde en famille.
- Trimaran Newick 1984 (Sterec Aile Bleue), participation à la Route du Rhum 2018 et 2022.
- Monocoque Tocade 50 (Sterec Bleu), préparation pour la Global Solo Challenge 2027, transatlantique aller en double, retour en solo.
- Trimaran Newick 1985 (Sterec Ultime), préparation pour la Route du Rhum 2026.
- Retour en compétition en Windsurfer LT : championnats de France, d’Europe et du monde.
- 7 transatlantiques, 1 traversée du Pacifique.
À propos du bateau
Numéro Voile : FRA 168
Modèle : Tocade 50 (Patrick Balta)
Année : 2007
Longueur hors tout : 50ft
Déplacement : 14.000 kgs
Voile au prés : 108m2
Voile au portant : 230m2