À propos du skipper

AUS

Nationalité

28/10/23

Date du départ

Bateau: Roaring Forty (1997 Lutra BOC Open 40)

Résidence: Port Stephens, Australia

Né en: 1961

Milles navigué: 50.000+

Status: Full Entry

D'où vient votre passion pour la voile?

Le besoin d’être près de l’eau est difficile à expliquer… alors disons que c’est dans mon ADN. Mon père est né sur la petite île de Guernesey dans les îles anglo-normandes et a fièrement servi dans la Royal Navy sur le HMS Ark Royal et le HMS Cumberland. Maman était quant à elle couturière à la Royal Naval Air Station Yeovilton.

En 1964, avant l’âge de trois ans, j’ai effectué ma première traversée de l’Atlantique, du Panama et du Pacifique. Nous avons quitté Southampton, au Royaume-Uni, sur le Flavia, en route pour une nouvelle vie en Australie. Le prix du billet familial a donné naissance au surnom de “ten-pound poms” (ndlt : le système de migration passage assisté ou familièrement Ten Pound Poms, est utilisé en Australie pour désigner les sujets britanniques qui ont émigré dans le pays après la Seconde Guerre mondiale avec la collaboration du gouvernement australien). Mais je ne suis pas un bagnard. Malheureusement, la vie au bord de la mer n’était pas dans les plans de nos parents, et nous avons fini par vivre dans l’ouest du pays, dans une bergerie.

Avance rapide jusqu’en 1982. A l’époque, je travaillais comme mécanicien à Southport sur la Gold Coast (ndlt : près de Brisbane, sur la côte Est du pays). Je ne pouvais pas m’offrir un bateau avec mon salaire, alors je me suis inscrit comme bénévole au Southport Surfers Paradise Air Sea Rescue (aujourd’hui Volunteer Marine Rescue Southport) pour développer mes compétences. J’ai commencé en tant qu’équipier junior et j’ai gravi les échelons jusqu’à devenir Skipper Offshore avec mon propre équipage. Tous les jours, nous naviguions sur notre Shark Cat de 24 pieds à double coque et ses quelque 470 chevaux à travers les déferlantes de “Southport Bar” (ndlt : le nom local de l’estuaire de la rivière Nerang, avant son aménagement) à la recherche du canal le plus profond afin de pouvoir escorter les navires en toute sécurité à travers les sables mouvants. Heureusement, “Southport Bar” a ensuite été amménagé avec des digues et dragué pour devenir la Gold Coast Seaway, équipée d’un système de pompage de contournement du sable à la pointe de la technologie. L’ouverture de la Gold Coast Seaway a permis à Southport d’être identifié comme un port d’entrée officiel, ce qui a ouvert la scène des courses au large.

À peu près à la même époque, un bon ami, le regretté John Kumm, nous a appris, à mon copain Glenn et moi, à naviguer sur Seabird, son Fisher 32. Puis nous avons commencé à courir avec GT et Johnny sur un bateau léger de 26 pieds Steinman appelé Fat Albert (affectueusement connu sous le nom de Fatso). Notre équipage de skippers “intrépides” de l’Air Sea Rescue a poussé Fatso à fond, il n’est donc pas surprenant que nous ayons cassé beaucoup de choses.

Contrairement à beaucoup, j’ai commencé sur des quillards, pas sur des dériveurs. J’ai d’abord été propriétaire d’un skiff Javelin de 14 pieds, puis en 2004 de Just Jo, un joli Custom 30 (Peter Ebbutt) de 1974, un bateau de course IOR que j’ai réaménagé pour la navigation en solitaire. En 2009 est arrivé Rogue Wave, un fantastique Sigma 36 de 1983 (David Thomas) que j’ai acheté en Malaisie et que j’ai ramené en solitaire en Australie. J’ai participé aux éditions 2014 et 2018 du Solo Tasman Yacht Challenges, de la Nouvelle-Zélande à Mooloolaba, puis à la 75ème Rolex Sydney Hobart Yacht Race (RSHYR) en 2019, avant de revenir à la RSHYR 2021 pour la division inaugurale en double.

En 2017, j’ai fait le grand saut et j’ai acheté Roaring Forty pour réaliser mon rêve de battre le record du tour de l’Australie en solitaire sans assistance et, si tout se passe comme prévu, le record du tour du monde en 40 pieds en solitaire, sans escale et sans assistance.

Quelles leçons avez-vous appris de la voile?

Je pense que la vie militaire et la voile sont complémentaires. Toutes deux exigent de la discipline pour diriger des équipes qui opèrent dans des environnements contraignants, hostiles et compétitifs, de jour comme de nuit. Vous devez être en forme, patient, mentalement agile, résilient et conscient de gérer le temps, le risque et la fatigue afin de pouvoir prendre des décisions délibérées, efficaces et opportunes. Vous devez également vous motiver et motiver les autres à réussir et à gagner (même si d’autres ne le font pas) et faire preuve d’esprit critique pour analyser et évaluer vos propres capacités et performances ainsi que celles des autres. Il faut posséder un bon niveau de connaissances techniques qui permet de donner le meilleur de soi-même, tout en restant flexible pour apporter des solutions afin de limiter les dégâts (c’est-à-dire réparer les dégâts de la bataille).

Qu'est-ce qui vous a amené à aimer la voile en solitaire?

L’autonomie, la confiance en soi et le besoin de me mettre au défi dans un environnement aventureux sur lequel j’ai peu d’influence et encore moins de contrôle. J’aime la stratégie, la planification, la navigation et la tactique, ainsi que les aspects techniques de la préparation du bateau pour une efficacité maximale, tout en apprenant de nouvelles compétences qui complètent celles que j’ai déjà. J’aime aussi l’esprit de communauté en équipage réduit et la camaraderie.

Qu'est-ce qui vous a incité à vous inscrire à cet événement?

“Je crois qu’il est dans notre nature d’explorer, d’aller vers l’inconnu. Le seul véritable échec serait de ne pas explorer du tout” (Ernest Shackleton).

J’adore lire des histoires d’aventuriers, quelle que soit leur discipline. Ces personnes spéciales inspirent par leurs actions, et j’espère que je peux moi aussi inspirer quelqu’un à poursuivre son rêve.

En tant que propriétaire d’un Sigma 36, il était tout naturel de soutenir Marco Nannini lorsqu’il a inscrit son Sigma 36 British Beagle à l’OSTAR 2009. En 2011/12, j’ai également soutenu et encouragé Marco lors de la Global Ocean Race (GOR) lorsqu’il est passé à son Class 40 Financial Crisis de l’ancienne génération. Un effort et une inspiration énormes.

Appelez cela le destin ou autre chose, lorsque Marco a annoncé son événement Global Solo Challenge, le concept s’est aligné sur mes rêves et mes plans de retraite et je me suis engagé à 100%. L’aventure GSC de Marco pouvait maintenant devenir une réalité, et ma propre aventure.

Comment comptez-vous vous préparer à cet événement?

La planification à distance est un défi lorsqu’on est basé en Australie. Heureusement, une grande partie de mon expérience en gestion de projets militaires consistait à traiter avec des entrepreneurs internationaux depuis l’Australie, donc je suis conscient des risques et des mesures d’atténuation. J’avais déjà entrepris un refit important en 2018-19, donc j’avais déjà Roaring Forty dans un très bon état pour un retour à la maison en solitaire, cependant il n’était définitivement pas dans une configuration pour une épreuve compétitive de circumnavigation sans escale et sans assistance.

Mes vieilles voiles ont plus de 35 000 km à leur actif et ont fait le tour de la planète une fois, donc une nouvelle grand-voile Zoom Sails et un tourmentin sont en commande. J’ai l’intention d’améliorer la gestion des voiles du pont avant en y ajoutant un enrouleur structurel afin de réduire mon exposition sur le pont avant.

La durabilité est très importante, donc ma garde-robe de voiles sera un mélange d’anciennes et de nouvelles voiles, soutenu par un grand sac de matériel de réparation !

Je pense que les organisateurs d’événements et les propriétaires de bateaux ont une responsabilité partagée dans la promotion du développement durable et dans la conduite du changement, afin que les courses et la voile en général soient durables et abordables pour tous à l’avenir. Lorsque j’entends parler d’équipes de course haut de gamme qui naviguent avec une garde-robe de voiles dont le cycle de vie correspond à une seule régate (ou même une seule course), la mentalité de la victoire à tout prix et le gaspillage ne me conviennent pas.

Selon vous, quel sera le plus grand défi?

En y réfléchissant, le plus grand défi est de ne pas avoir Roaring Forty en Australie 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ce qui m’aurait permis de faire avancer les travaux sans remettre le financement du budget à un entrepreneur. Cette situation est un facteur de coût important. Cependant, étant donné la logistique, la météo, l’usure et les autres risques encourus si je devais faire naviguer Roaring Forty de l’Australie à la ligne de départ en Espagne, je pense que la perte compense le risque puisque Roaring Forty se trouve en ce moment à La Corogne et n’attend que mon retour.

Parlez-nous de votre bateau.

Roaring Forty a été conçu par Lutra Design et construit en Estonie par Akton Yachts. SP Technologies (aujourd’hui GURIT) a réalisé toute l’ingénierie structurelle en carbone et vous pouvez consulter le site web pour connaître leur liste de clients prestigieux. En 2008, un nouveau package Southern Spars à triple barre de flèche a été installé en vue de la Global Ocean Race (GOR) 2008/09.

Mes critères essentiels se concentraient sur des bateaux aux performances démontrées, solidement construits et capables de naviguer sur l’océan, configurés pour la course en solitaire avec du lest d’eau, et abordables sur une campagne prévue de 7-8 ans. La performance au vent était importante, donc tout bateau conçu pour un OSTAR était un bon point de départ.

En 2017, lors d’une de mes recherches nocturnes sur le web, je suis tombé sur un Lutra BOC Open 40 très séduisant appelé Roaring Forty qui venait d’être mis en vente aux Pays-Bas. Non seulement il m’a plu, mais il répondait aussi à tous mes critères essentiels, avait de belles lignes et, étonnamment, le prix était proche du budget. J’ai rapidement trouvé beaucoup d’informations sur le web sur ses performances passées, démontrant qu’il s’agissait d’un bateau rapide et solide avec un tour du monde à son actif.

Avez-vous l'intention de lier ce défi personnel à un message social?

Oui, tout à fait. A travers ma campagne Aviator Ocean Racing, nous soutiendrons collectivement deux merveilleuses organisations caritatives : Brain Tumour Alliance Australia (BTAA) and Soldier On.

Brain Tumour Alliance Australia

BTAA soutient les patients atteints d’un cancer du cerveau, comme notre jeune ami Bullet, qui a raconté son voyage à travers le cancer du cerveau dans son blog, The Tumour Trip. Malheureusement, Nathan a perdu son combat contre le cancer du cerveau et est décédé le 22 février. Je vous encourage à faire une pause dans votre vie trépidante pour un moment, et à entrer dans le monde de Bullet. RIP mon pote.

Les personnes merveilleuses associées à la BTAA ont toutes une histoire qui les relie d’une manière ou d’une autre au cancer du cerveau, que ce soit en tant que patient, soignant, membre de la famille ou ami. Aujourd’hui, ils donnent bénévolement de leur temps à la BTAA afin de pouvoir apporter leur soutien non seulement aux patients, mais aussi à leurs familles et à leurs soignants. 

La BTAA ne reçoit pas de financement public et compte sur la générosité de notre communauté pour continuer à soutenir les familles et les patients atteints d’un cancer du cerveau.

Nous vous invitons à faire un don à la BTAA, mais surtout, nous avons besoin que vous fassiez passer le message pour sensibiliser la communauté au soutien offert par la BTAA afin de soulager les personnes touchées par le cancer du cerveau.

Soldier On

Fondé en 2012 avec pour mission de se concentrer sur le soutien des vétérans de l’armée après 1990, Soldier On a pour objectif de permettre aux vétérans et à leurs familles de s’épanouir en fournissant un modèle de soutien connecté et holistique dans leur parcours de transition.

Soldier On offre une gamme complète de services de soutien en matière de santé, de bien-être et de participation sociale, y compris un soutien psychologique pour une meilleure santé mentale, l’éducation et l’emploi, ainsi que la facilitation des liens sociaux par le biais de réseaux sportifs et communautaires, et des conseils pour rester en forme et en bonne santé.

Soldier On s’engage à travailler côte à côte avec les anciens combattants et leurs familles pour les aider à assurer leur avenir et leur permettre de s’épanouir dans tous les domaines de la vie civile. Mais nous avons besoin de votre aide. Car Soldier On dépend de financements externes pour pouvoir continuer à offrir et à développer ces programmes.

Souhaitez-vous ajouter autre chose?

À la mi-avril, je quitte l’Australie pour La Corogne, en Espagne, où je poursuivrai les préparatifs de Roaring Forty. Fin mai, je navigue vers Falmouth, au Royaume-Uni, pour participer à la course en solitaire Azores and Back (AZAB), qui commence le 3 juin, et qui sera suivie de mon passage de qualification GSC de 2000 milles dans l’Atlantique Nord. Ensuite, je retournerai en Espagne au mois d’août pour faire les ajustements nécessaires et continuer à m’entraîner.

Je vous invite à naviguer avec moi en esprit autour de cette grande planète bleue.

Merci de donner ce que vous pouvez pour soutenir Brain Tumour Alliance Australia (BTAA) et Soldier On.

Si vous avez l’âme généreuse. Et si vous avez très envie d’aider ce vieil homme en échange de l’exposition d’une marque mondiale, envoyez-moi un message et nous pourrons discuter des possibilités de parrainage. Voici le lien vers ma campagne de financement Roaring Forty Crowdfunding Appeal.

Les six prochains mois passeront vite, alors un grand merci au directeur/propriétaire de la GSC, Marco Nannini, à son équipe, aux sponsors et aux entreprises partenaires. À tous les concurrents qui feront de la Global Solo Challenge 2023/24 un événement mémorable, bravo d’être arrivés si loin, alors foncez jusqu’à l’arrivée

Expérience de voile

J’ai commencé à faire de la voile en mer sur la Gold Coast du Queensland en 1982. La voile m’a emmené de Langkawi en Malaisie, à travers les détroits de Malacca et de Singapour, la mer de Chine méridionale, l’archipel indonésien, les eaux reculées du Top End australien et les eaux isolées du Cap York, notre magnifique mais dangereuse Grande Barrière de Corail et tout le chemin du Queensland à Hobart en Tasmanie.

J’ai effectué plusieurs traversées transtasmaniennes en solitaire vers et depuis la Nouvelle-Zélande, et j’ai apprécié nos courses locales au Port Stephens Yacht Club. Des passages récents sur Roaring Forty m’ont fait traverser la mer du Nord, le Royaume-Uni et le golfe de Gascogne jusqu’à la Corogne en Espagne. J’estime avoir parcouru plus de 50000 milles dans des conditions très variées, la plupart du temps en faisant ce que j’aime le plus… en naviguant et en régatant en solitaire ou en équipage réduit, et en rencontrant des personnes partageant les mêmes idées.

Quelques moments mémorables :

Faire naviguer ou régater des débutants et les voir passer de l’appréhension à l’enthousiasme.

2007 – première navigation hauturière en solitaire de Townsville à Port Stephens.

2010 – Solo de Langkawi en Malaisie à Newcastle en Australie.

2014 – Solo Tasman Challenge Yacht Race. Port Stephens – New Plymouth NZ- Mooloolaba – Port Stephens.

2018 – Solo Tasman Challenge Yacht Race. Port Stephens – New Plymouth NZ- Mooloolaba – Port Stephens.

2019 – 75e édition de la Rolex Sydney Hobart Yacht Race.

2021 – Rolex Sydney Hobart Yacht Race en double

À propos du bateau

Autres détails: Roaring Forty est un bateau entièrement construit en carbone avec un mât Southern Spars et possède un solide historique de performances passées sous la direction de son ancien propriétaire/skipper, Michel Kleinjans. Le navigateur belge a skippé Roaring Forty dans la Global Ocean Race 2008/09 (avec des arrêts), gagnant la division solo tout en tenant tête aux équipes en double.

Numéro Voile: 7204

Plan: Lutra BOC Open 40 (Adrian Konynendyk, Lutra Yacht Design. Built: Akton Yachts, Estonia)

Année: 1997

LOA: 40

Déplacement: 4650kg plus 1000 L de lest d'eau de chaque côté

Voile au prés: 110m2

Voile au portant: 247 m2

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