Comment vous prépareriez-vous pour un tour du monde en solitaire?

Class40 

La préparation d’un tour du monde en solitaire par les trois grands caps est un énorme défi. A tel point que se rendre à la ligne de départ est souvent tout aussi difficile que la navigation qui va suivre. La préparation est la clé du succès, les domaines à couvrir sont si nombreux et si vastes que cela peut sembler accablant. Non seulement les skippers doivent s’initier à la navigation en solitaire, aux changements de voile, aux manœuvres, mais ils doivent devenir des experts de nombreux aspects de leurs bateaux qu’ils doivent entretenir et maintenir en état de marche. Cela va de la gestion de l’électronique et de la production et de l’électricité, des réglages et des réparations du pilote automatique, du routage météo, des communications par satellite et du téléchargement de données, de la maintenance générale, des petites ou grandes réparations, de la nourriture, du sommeil et bien d’autres. La liste semble interminable et certains skippers seront confrontés à une courbe d’apprentissage plus raide que ceux qui ont déjà parcouru plus de milles.

La GSC demande un qualif d’au moins 2000 milles sur le bateau engagé dans l’épreuve pour être autorisé à prendre le départ, mais nous précisons que cela doit presque être considéré comme un test de mise au point du bateau et que rien ne peut remplacer beaucoup plus de milles de navigation dans différentes conditions pour être prêt pour ce qui va suivre. Nous encourageons également ces milles à être parcourus dans des eaux dures et froides, pour avoir un avant-goût des conditions de l’océan Austral.

De nombreux skippers partiront de La Corogne et se dirigeront vers le sud, poussés par les alizés vers le Pot au Noir, puis continueront dans les alizés du Sud-Est et atteindront quelque part près de Fernando da Noronha. De là, ils devront traverser une zone de transition et pousser plus au sud. Ils ne peuvent pas encore tourner à gauche car le piège collant de l’anticyclone de Sainte-Hélène peut être une erreur coûteuse. Au lieu de cela, la flotte devra continuer sur une route vers le sud et atteindre traditionnellement quelque part autour de Tristan da Cunha avant de «virer à gauche». En pratique, ils devront naviguer vers le Sud jusqu’à ce qu’ils trouvent le premier écho favorable des vents d’une dépression des quarante rugissants. Pour ceux qui sont neuf au jeu, ce sera un choc de voir le changement des alizés et de l’anticyclone de Sainte-Hélène dans le premier aperçu des mers du sud. Les conditions changent radicalement en l’espace de quelques jours et il n’y aura qu’un répit occasionnel jusqu’au virage du cap Horn.

La route vers Tristan da Cunha est relativement facile et constitue rarement une véritable épreuve de skipper ou de bateau et peut être très trompeuse donnant un faux sentiment de sécurité à un skipper. Pour cette raison, il est essentiel de préparer et de soumettre le bateau à un stress important avant le départ, ce serait une erreur très coûteuse de se laisser bercer par les alizés et les vents légers jusqu’à Tristan da Cunha juste pour découvrir à quel point les conditions seront incroyablement différentes plus tard.

Se préparer mentalement à tout cela est quelque chose que nous pouvons difficilement faire à terre, et donc le milles en solo précédent sont cruciales, le plus sera le mieux. Pour certains, naviguer dans le grand sud sera exaltant pour certains, ce sera une expérience fatigante et sombre. Mouillé, froid, humide, naviguant de tempête en tempête. Pour tous, ce sera quelque chose qu’ils n’oublieront jamais.

Nous avons demandé à quelques-uns des 38 participants a la GSC quels sont leurs plans pour se préparer à l’événement.

Comment comptez-vous vous préparer à cet événement?

 

Juan Merediz

La première est de bien connaître mon bateau et de bien le préparer. Alors naviguer et naviguer encore. Cela dépendra du budget mais l’intention est de participer à certaines courses du circuit Class 40. Sur le plan physique je vais répéter la préparation que j’ai déjà utilisée lors des précédentes courses océaniques et que j’aime beaucoup, course longue, trail, gravel bike… Et naviguer beaucoup pour s’habituer aux efforts.

François Gouin

Ma préparation va être centrée sur celle de mon bateau. Je veux naviguer avec un bateau avec qui je sois bien, en confiance, que je connaisse parfaitement.

Lloyd Davey

La première étape consiste à lancer le bateau au printemps prochain, puis à naviguer autant que possible tout en travaillant pour que l’argent continue de rouler. En dehors de cela, il s’agit de rester en forme et de faire beaucoup de lecture et de recherche.

Louis Robein

J’ai fait des petits aménagements sur le bateau pour naviguer en solitaire suite à plusieurs traversées en Corse avec des équipages débutants pour pouvoir gérer seul la sécurité.

En 10 ans j’ai beaucoup navigué (Corse, Malte, Baléare, …) pour bien connaitre mon bateau. L’année dernière, j’ai fait quelques navigations en solitaire. Cette année a pour objectif de compléter l’aménagement en vu d’une traversée de l’Atlantique en équipage. Puis le retour en solitaire. A mon retour, je finirai l’aménagement pour préparer le GSC et naviguerai pour bien m’habituer à tout le nouveau matériel que j’aurai mis.

Pierre-Henry Mahul

Je suis prêt avec ce bateau mais si je change, je devrai apprendre et préparer le nouveau.

Dafydd Hughes

Achetez un bateau et naviguez à travers le Royaume-Uni et l’Irlande. Après cela, réglez le bateau pour une navigation plus longue en mer courte / seule.

Javier Lapresa

Naviguer au maximum pour préparer le bateau et profiter du plus grand nombre de tempêtes que nous pouvons avoir ici en Méditerranée, qui ne sont en aucun cas à sous-estimer. Si je trouve un soutien financier à temps, j’essaierais de m’inscrire à l’Ostar 2022 et, si je n’y arrive pas, à la Round Iceland Race 2023. Je suis une personne avec une grande capacité à résoudre des problèmes et capable de grands sacrifices, qualités très nécessaires dans des situations délicates.

Amaury de Jamblinne

Préparation physique d’une part et beaucoup de navigations en solitaire pour ne faire qu’un avec le bateau. Préparation du bateau pour le renforcer en vue du Grand Sud. En espérant que ce qui doit casser, casse avant le départ. Si le calendrier le permet une Transat A/R en solitaire pour me tester. Egalement une préparation au niveau météo et gestion du sommeil.

William Croxford

Je prévois de terminer les expériences en solo que je me suis fixées et de m’assurer que je suis dans la meilleure forme possible. J’ai une colite ulcéreuse et je devrai donc m’assurer d’avoir les médicaments appropriés pour la durée de l’événement. En fin de compte, je dois trouver le bon bateau et acquérir une certaine expérience en solo.

Pierre-Etienne Rault

Je partirai en 2022 pour un aller-retour aux Açores en solitaire. Avant et après cette navigation d’un mois, je ferai pleins de petites navigations pour des essais et autres mises au point du bateau. Sur le plan du physique je vais faire ce qu’il faut pour être en grande forme le jour du départ.

Gorka Rozas

Test du bateau et formation jusqu’au jour du départ dans le golfe de Gascogne et l’océan Atlantique.

Colin Bastable

J’ai tout l’équipement : navigateur satellite, équipement de sécurité, radar, bateau, des pièces de rechange.

J’ai réparé lentement le bateau, et je le fais depuis mon arrivée au Texas en février 2016, donc je vais continuer jusqu’à ce qu’il soit prêt.

La vraie préparation sera la traversée vers La Corogne depuis le Texas, donc je suppose que ce sera au printemps 2023.